La profession de « psy » en Suisse est désormais réglementée

La profession de « psy » en Suisse est désormais réglementée

Il fut un temps où la situation suisse présentait une particularité étonnante. Malgré l’importance prise par les consultations psychologiques, le pays ne disposait pas d’un cadre fédéral complet protégeant certaines dénominations professionnelles et harmonisant les exigences de formation. Cette situation avait alimenté pendant plusieurs années un débat sur la qualification des praticiens et la protection du public.

Le projet présenté par le Conseil fédéral en 2009 a depuis changé de statut. La Suisse dispose aujourd’hui d’un cadre national organisé autour de la loi fédérale sur les professions relevant du domaine de la psychologie, généralement désignée par l’abréviation LPsy. La réglementation distingue notamment le titre de psychologue, les formations postgrades reconnues et les conditions permettant aux psychologues-psychothérapeutes d’exercer sous leur propre responsabilité.

La réglementation des professions de la psychologie a profondément changé en Suisse

Le débat engagé à la fin des années 2000 répondait à une difficulté concrète. Les autorités fédérales souhaitaient améliorer la lisibilité des qualifications dans un secteur où les appellations utilisées par les professionnels pouvaient être difficiles à interpréter pour le public. La question dépassait donc la simple organisation d’une profession et concernait directement la protection des personnes recherchant une aide psychologique.

La réforme a franchi une étape décisive avec l’adoption, le 18 mars 2011, de la loi fédérale sur les professions relevant du domaine de la psychologie. La LPsy est entrée en vigueur le 1er avril 2013. Elle a instauré un cadre national concernant notamment les diplômes en psychologie, les formations postgrades, certaines dénominations professionnelles et l’exercice de la psychothérapie par des psychologues.

Cette évolution est importante car la réglementation suisse ne repose plus sur le projet qui faisait débat en 2009. Un dispositif fédéral est désormais installé depuis plus d’une décennie. Il n’efface pas pour autant le rôle des cantons, qui conservent des compétences essentielles dans l’autorisation d’exercice de la psychothérapie.

La réforme permet ainsi de distinguer plusieurs niveaux qui étaient autrefois plus difficiles à identifier. Posséder une formation universitaire en psychologie, porter légalement la dénomination de psychologue, obtenir un titre postgrade en psychothérapie et être autorisé à exercer sous sa propre responsabilité correspondent à des situations différentes.

Le titre de psychologue est protégé par la législation suisse

Le mot « psy » reste une appellation courante et imprécise dans le langage quotidien. La dénomination professionnelle de psychologue répond en revanche à des exigences définies par la législation suisse. Elle ne peut pas être utilisée librement par une personne qui aurait simplement suivi quelques cours ou une formation sans diplôme universitaire reconnu en psychologie.

La protection concerne les titulaires d’une formation supérieure reconnue dans cette discipline. Un master, une licence ou un diplôme correspondant délivré par une haute école permet notamment de satisfaire à cette exigence. Le bachelor en psychologie, pris isolément, ne donne pas accès aux mêmes droits liés à la dénomination professionnelle protégée.

Les diplômes obtenus à l’étranger font également l’objet d’un dispositif de reconnaissance. Une personne formée hors de Suisse qui souhaite faire usage professionnel de la dénomination de psychologue doit faire examiner l’équivalence de son diplôme lorsque cette reconnaissance est nécessaire. Cette procédure vise à maintenir un niveau comparable entre les différentes formations.

La logique choisie par la Suisse repose donc moins sur l’interdiction générale de toutes les activités liées à la psychologie que sur la protection de qualifications clairement identifiables. Pour le public, cette distinction permet de mieux savoir à quel niveau de formation correspond le professionnel consulté.

Devenir psychologue-psychothérapeute suppose une formation supplémentaire

Un diplôme universitaire en psychologie ne suffit pas à devenir automatiquement psychologue-psychothérapeute reconnu au niveau fédéral. La psychothérapie fait partie des domaines pour lesquels une formation postgrade spécifique peut conduire à l’obtention d’un titre reconnu.

L’accès à cette formation suppose d’abord de posséder un diplôme en psychologie répondant aux exigences prévues. Le professionnel suit ensuite une filière postgrade en psychothérapie accréditée selon le cadre fédéral. Ces formations doivent répondre à des critères définis et font l’objet d’un contrôle destiné à garantir leur qualité.

Cette distinction évite de confondre psychologie et psychothérapie. Un psychologue peut exercer dans différents domaines sans pratiquer nécessairement la psychothérapie. Le psychologue-psychothérapeute a suivi un parcours supplémentaire centré sur cette pratique et peut obtenir le titre postgrade correspondant.

L’exercice de la psychothérapie sous sa propre responsabilité professionnelle ajoute encore une exigence. Le professionnel doit obtenir une autorisation du canton dans lequel il exerce. Parmi les conditions prévues figurent notamment la possession d’un titre postgrade fédéral ou étranger reconnu en psychothérapie, les garanties nécessaires à un exercice professionnel irréprochable et la maîtrise d’une langue officielle du canton concerné.

La Suisse associe ainsi réglementation fédérale des qualifications et contrôle cantonal de l’exercice. Ce fonctionnement permet de disposer d’un socle commun pour la formation tout en maintenant la responsabilité des autorités cantonales dans l’autorisation professionnelle.

Le PsyReg permet aux patients de vérifier les qualifications professionnelles

La réglementation ne concerne pas uniquement les professionnels. Elle fournit également aux patients des moyens plus concrets pour identifier les qualifications d’une personne proposant des prestations psychologiques. Le registre des professions de la psychologie, appelé PsyReg, participe à cette transparence.

Ce registre rassemble notamment les personnes disposant de titres postgrades fédéraux ou de qualifications étrangères reconnues dans plusieurs domaines de spécialisation. Pour les psychologues-psychothérapeutes, il permet également de vérifier certaines informations relatives à l’autorisation d’exercer sous leur propre responsabilité professionnelle.

Cette possibilité répond directement à l’une des préoccupations qui avaient alimenté les débats avant la réforme. Une personne cherchant un psychothérapeute n’est plus obligée de se fier uniquement à une appellation figurant sur une plaque professionnelle ou un site internet. Elle peut vérifier l’existence de qualifications reconnues et, selon la situation, d’une autorisation d’exercice valable.

La réglementation suisse n’a donc pas simplement créé de nouveaux titres administratifs. Elle a progressivement construit une distinction plus lisible entre formation universitaire, spécialisation postgrade et droit d’exercer certaines activités professionnelles. Pour les patients comme pour les praticiens, cette clarification constitue aujourd’hui l’un des principaux effets durables de la réforme engagée à la fin des années 2000.

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