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Relations et transmissions intergénérationnelles

Actualités par nos pros
Publié le 01/10/2013 - Mise à jour le 02/01/2015

Chaque personne n’est qu’un maillon de la chaine, de sa famille et de la société à laquelle elle appartient. Nous subissons tous involontairement les antécédents familiaux et sociétaux. Il y a des transferts et des contre transferts en toutes circonstances.

Commençons par l’amour,

Je reçois souvent des personnes qui me disent qu’elles n’ont jamais reçu, de leurs parents, des témoignages d’amour ni par geste ni par parole. Pourquoi ce manque est-il si important ?

L’amour, c’est le tremplin de toute communication et de transmission, car les parents sont les personnes les plus influentes dans la vie de leurs enfants. Mais ce rôle d’éducateur est exigent 1/« car il a besoins d’habileté, de souplesse et d’ouverture à l’apprentissage » L’enfant a besoins d’amour et de structure : l’amour est essentiel pour développer la confiance et l’estime de soi. Mais les parents sont aussi dépendants des manifestations d’amour qu’ils ont reçu ou pas,  pour pouvoir transmettre à leur tour : les uns par des paroles encourageantes, d’autres seront plus à l’aise dans leurs étreintes et les câlins. L’enfant qui serait en manque de relations chaleureuses avec ses parents pourrait compenser ce manque de confiance en soi de façons négatives et de passage à l’acte. Mais recevoir de l’amour n’est pas suffisant l’enfant a aussi besoins d’une structure et de valeurs, qui l’aideront à orienter sa vie et à devenir autonome et indépendant. Une éducation laxiste ne prépare pas l’enfant à vivre en société et génère beaucoup d’angoisses. Et ce sont les parents qui dès le plus jeune âge apprendront à l’enfant les limites d’un comportement acceptable en établissant des règles de vie et en transmettant les valeurs de leur culture et de la société.

Transmission des valeurs, des croyances et des traditions :

Les valeurs de certaines cultures d’émigrés, ne sont pas toujours compatibles avec celles de notre société, exemples : l’excision des petites filles, la virginité des jeunes filles, l’exigence vestimentaire des jeunes femmes, la pratique du Ramadan… Ce qui parait naturel pour les parents,  peut être vécu douloureusement pour les plus jeunes générations.

3/ « Les conflits intergénérationnels sont fréquemment rapportés comme étant à l’origine des tentatives de suicide par les jeunes d’origine maghrébine. Ces résultats sont discutés en tenant compte du contexte de la vie transculturelle de ces adolescents »

Selon la thèse de Nikki Van Leeven : « Le suicide présente un moyen de se libérer de la contrainte à simuler une identité… Le Moi cherche à se défendre dans le but de s’autonomiser par rapport aux parents et pouvoir ainsi accéder à une vie sexuelle adulte… l’adolescent devant concilier sa culture d’origine et la culture du pays d’accueil se trouve au cœur d’un conflit qui donne lieu à des négociations complexes. »

En cas de maltraitances des enfants, ceux-ci devenus parents risquent quelques fois de transmettre ces maltraitances à leurs enfants, mais heureusement ce n’est pas systématique

Ce qui n’est pas transmis : les non-dits

J’ai reçu dans mon cabinet, une jeune fille en dépression, sans raison grave apparente, et ce sont les parents qui ont pris contact avec moi pour me révéler leur secret, et me confier la mission de le révéler à leur fille pour éclairer la thérapie. Leur intuition était la bonne car cela a sans doute évité des pathologies dans les générations suivantes. Voici quelques explications :

2/ « On tait ce dont on a honte. Le non-dit se passe sur deux ou trois générations. La première porteuse du secret est partagée entre l’envie de se taire et le besoin d’avouer, une attitude ambivalente qui empoisonne les relations avec l’entourage et perturbe les enfants.

La seconde génération, le contenu du secret est ignoré : la chose est donc innommable. Mais l’enfant pressent le mystère et se coupe psychiquement en deux. Tandis qu’une part de lui a l’intuition de la dissimulation, l’autre essaie de se persuader du contraire (les parents n’ont pas pu mentir ou mal se comporter) Il n’est pas rare qu’apparaissent alors, des troubles de la personnalité, voire des symptômes graves.

La troisième génération, le secret est encore plus toxique : d’innommable, il devient impensable. D’où souvent des problèmes graves (délinquance, toxicomanie, voire schizophrénie) L’individu est la proie des émotions …d’images obsédantes, de désirs qui lui semblent totalement étrangers. »

Nous l’avons compris, ce sont surtout les sentiments de culpabilités ou de honte, dans la première génération, qui engendrent des attitudes, des comportements illogiques, voire pathologiques, qui déstabilisent et créent des angoisses chez les enfants et sont transmis de génération en génération.

« Le contenu des secrets de famille touchent essentiellement la mort, les origines, la sexualité, la stérilité, le divorce, la maladie mentale, le handicap, les transgressions morales ou/et juridiques, les revers de fortune. Mais le secret des secrets c’est l’inceste. On dissimule aussi la double vie de papa, l’homosexualité de tonton. Des parents n’acceptant pas leur stérilité tairont à leur enfant qu’il est né par insémination artificielle, ou qu’il a été adopté. »

Transmettre le savoir :

Après les parents les enseignants ont un rôle important dans la transmission des connaissances, mais « ce métier ne consiste pas seulement à transmettre un savoir, il y a d’autres éléments qui interviennent tels que l’affect, la relation à l’autre…autant de choses difficiles à gérer » Comme les parents, les enseignants sont des formateurs et des éducateurs et cela peut engendrer des conflits de rivalité ou de culpabilité chez les parents. Ces derniers, en cas d’échec, ils revivent leurs propres échecs et cette régression peut les inciter à se dresser contre les enseignants. Du point de vue de l’enfant, l’enseignant est souvent vécu, inconsciemment, comme le substitut parental, il peut faire un transfert d’amour et travaillera bien pour faire plaisir à son professeur, ou au contraire se montera hostile envers certaines disciplines scolaires et la personne qui les enseigne. Mais encore, l’enseignant peut être déçu en ne trouvant pas chez certains de ses élèves l’accueil pour les valeurs qu’il voudrait transmettre, « et aura des difficultés à s’identifier à leur monde psychique et culturel. »  En revanche il peut aussi avoir un faible et préférer un enfant, que l’on nommera son « chou-chou », allez savoir pourquoi !

Décidément la transmission intergénérationnelle, communiquée ou silencieuse, est inséparable des transferts et contre-transferts.

Bibliographie :

Articles :
1/ BERNARD PECHBERTY….
2/ ISABELLE TAUBES
3/ ANNALES MEDICO-PSYCHOLOGIQUES, ELSEVIER MASSON

Mon-Psychotherapeute.Com | Madeleine Julliard

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