Dépression et anxiété : quelles sont les différences ?

Dépression et anxiété : quelles sont les différences ?

Fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration, irritabilité ou retrait peuvent apparaître aussi bien dans l’anxiété que dans la dépression. Ces ressemblances expliquent pourquoi les deux troubles sont parfois difficiles à différencier à partir des symptômes les plus visibles.

Les différences apparaissent davantage dans la façon dont les pensées se dirigent, dans le rapport aux activités et dans la manière d’envisager l’avenir. L’anxiété place souvent la personne face à ce qui pourrait arriver. La dépression modifie davantage l’intérêt pour ce qui existe déjà et la possibilité d’imaginer une évolution favorable.

L’inquiétude anxieuse et la perte d’intérêt dépressive orientent l’attention différemment

Une personne anxieuse peut conserver l’envie de réaliser une activité tout en redoutant ses conséquences. Elle souhaite par exemple participer à une réunion, voyager ou accepter une invitation, mais son attention se fixe sur les difficultés possibles. Elle anticipe une erreur, un malaise, une mauvaise réaction ou un événement qu’elle ne pourrait pas maîtriser.

Dans la dépression, la difficulté peut se situer ailleurs. La même activité ne provoque pas nécessairement une forte appréhension, mais elle peut perdre une partie de son intérêt. Une sortie auparavant attendue semble moins attirante et un loisir apprécié procure moins d’envie avant même de commencer.

Le comportement extérieur peut pourtant être identique. Deux personnes annulent une soirée. L’une reste chez elle parce qu’elle redoute ce qui pourrait se produire pendant la rencontre. L’autre renonce parce qu’elle ne parvient plus à ressentir l’intérêt qu’elle éprouvait auparavant. Le motif du retrait apporte alors davantage d’informations que le retrait lui-même.

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Les pensées anxieuses et dépressives ne suivent pas la même direction

L’anxiété projette fréquemment la pensée vers une menace possible. Une personne peut se demander si elle va réussir une présentation, si un proche risque d’avoir un accident ou si une sensation physique annonce un problème. La question mentale revient autour de ce qui pourrait se produire et de la manière de l’éviter.

Dans la dépression, les pensées négatives peuvent davantage se tourner vers soi, ce qui s’est déjà produit ou ce qui paraît désormais impossible. Une difficulté professionnelle peut être interprétée comme la confirmation d’une incapacité personnelle. Une erreur ancienne revient comme la preuve que l’on échoue toujours. L’avenir n’est plus seulement menaçant, il peut sembler privé de perspective favorable.

Une étude menée en 2014 par Min-Jeong Yang et ses collègues auprès de 468 patients, dont 148 présentaient un trouble anxieux généralisé et 320 une dépression majeure, a comparé inquiétude et rumination. Les deux processus étaient liés, mais restaient distincts. L’inquiétude était davantage associée au diagnostic de trouble anxieux généralisé, tandis que la rumination était davantage associée à la dépression majeure.

Cette distinction ne signifie pas qu’une personne dépressive ne s’inquiète jamais ou qu’une personne anxieuse ne rumine pas. Elle indique plutôt que la direction dominante des pensées peut aider à différencier les deux tableaux lorsqu’elle est observée avec les autres manifestations.

Fatigue, sommeil et concentration distinguent mal anxiété et dépression

Certains symptômes créent une véritable zone de recouvrement. La fatigue en est un exemple. Une personne anxieuse peut s’épuiser à force d’anticiper, de rester vigilante ou de mal dormir. Une personne dépressive peut également ressentir un manque d’énergie important et trouver les activités quotidiennes beaucoup plus coûteuses.

Les difficultés de concentration apparaissent elles aussi dans les deux situations. L’anxiété peut détourner l’attention vers une inquiétude qui revient continuellement. Dans la dépression, maintenir son attention peut demander davantage d’effort et donner une impression de ralentissement mental.

Le sommeil ne permet pas davantage de trancher. L’anxiété peut retarder l’endormissement ou favoriser les réveils nocturnes. La dépression peut également perturber les nuits ou modifier la durée habituelle du sommeil.

Fatigue, troubles du sommeil et difficultés de concentration prennent donc surtout leur sens lorsqu’ils sont rapprochés de l’inquiétude, de l’intérêt pour les activités, du rythme quotidien et de la manière dont l’avenir est envisagé.

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Agitation anxieuse et ralentissement dépressif peuvent donner des indices

L’anxiété peut maintenir une personne dans une forte mobilisation. Elle anticipe, vérifie, cherche des informations ou prépare plusieurs solutions avant une situation qu’elle redoute. Son activité ne diminue pas nécessairement. Elle peut même augmenter parce que l’incertitude pousse à agir davantage pour tenter de prévenir les problèmes.

La dépression peut produire un mouvement différent. Commencer une tâche, prendre une décision ou poursuivre une activité demande parfois davantage d’effort. Le rythme quotidien ralentit et les initiatives deviennent moins spontanées. Une activité simple reste possible mais paraît beaucoup plus difficile à engager.

Cette opposition doit rester prudente. Une personne dépressive peut être agitée et une anxiété persistante peut conduire à un épuisement majeur. Le comportement devient surtout informatif lorsqu’il correspond également à la direction des pensées et au rapport aux activités.

Une personne qui multiplie les vérifications parce qu’elle redoute une erreur présente ainsi un fonctionnement différent de celle qui reporte une tâche parce qu’elle ne parvient plus à mobiliser suffisamment d’élan pour la commencer.

Le rapport à l’avenir aide à différencier anxiété et dépression

L’avenir peut devenir difficile à envisager dans les deux troubles, mais pour des raisons différentes. Dans l’anxiété, il reste rempli de possibilités dont certaines semblent dangereuses. La personne cherche alors à prévoir ce qui pourrait se passer afin de réduire l’incertitude.

Dans la dépression, l’avenir peut perdre sa capacité à susciter une attente positive. La personne ne redoute pas seulement qu’un événement se déroule mal. Elle peut avoir du mal à imaginer qu’une amélioration soit possible ou que ses efforts puissent encore produire quelque chose de satisfaisant.

La différence apparaît clairement entre la peur que demain se passe mal et l’impression que demain ne pourra pas aller mieux. Dans le premier cas, l’avenir reste ouvert mais inquiétant. Dans le second, il peut sembler fermé par le découragement et la perte d’espoir.

C’est cette combinaison de repères qui permet le mieux de différencier anxiété et dépression. Une pensée dominée par l’anticipation du danger, une vigilance importante et la recherche de sécurité orientent davantage vers l’anxiété. Une perte d’intérêt, une dévalorisation, un ralentissement et une difficulté persistante à envisager positivement l’avenir orientent davantage vers la dépression. Les symptômes communs deviennent alors secondaires par rapport à la manière dont l’ensemble du fonctionnement s’organise.

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