Définition de la bigorexie : lorsque le sport devient une addiction

Définition de la bigorexie : lorsque le sport devient une addiction
Définition de la bigorexie : lorsque le sport devient une addiction

Pratiquer une activité sportive est le plus souvent associé à des bénéfices évidents pour la santé physique et mentale. Le sport est valorisé socialement, encouragé par les institutions de santé et présenté comme un levier d’équilibre, de discipline et de bien-être. Dans ce contexte, l’engagement intense dans une pratique sportive est rarement questionné. Il est même fréquemment admiré.

Pourtant, chez certaines personnes, la pratique sportive peut progressivement perdre cette fonction protectrice. Ce qui relevait d’un choix personnel et d’un plaisir devient une contrainte envahissante, difficile à moduler, parfois impossible à interrompre. Le sport cesse alors d’être un soutien pour se transformer en une source de tension, de culpabilité et de souffrance. C’est dans ce glissement que s’inscrit la bigorexie.

La bigorexie ne renvoie ni à une simple passion débordante ni à un goût prononcé pour l’effort. Elle désigne une relation particulière au sport, marquée par la répétition, la perte de contrôle et une dépendance psychique

Bigorexie : de quoi parle-t-on réellement ?

La bigorexie est généralement décrite comme une addiction comportementale. Elle se caractérise par un besoin irrépressible de pratiquer une activité sportive, même lorsque cette pratique entraîne de la fatigue, des blessures ou des répercussions négatives sur la vie personnelle, sociale ou professionnelle. Le sport n’est plus vécu comme un choix librement consenti, mais comme une obligation intérieure difficile à contourner.

Dans ce cadre, l’absence d’entraînement n’est pas neutre. Elle peut provoquer une anxiété marquée, une irritabilité inhabituelle ou un profond sentiment de malaise. La personne a l’impression de perdre ses repères, voire une partie de son identité, lorsqu’elle ne peut pas s’entraîner. Ce vécu traduit un rapport contraignant à l’activité physique, dans lequel le sport occupe une place centrale et non négociable.

Quand l’entraînement devient-il une nécessité psychique ?

Dans la bigorexie, le sport remplit une fonction qui dépasse largement la recherche de performance ou d’amélioration de la condition physique. Il devient un moyen privilégié de réguler des émotions difficiles, d’apaiser une tension intérieure persistante ou de maintenir une image de soi valorisante.

L’effort physique procure un soulagement réel, mais transitoire. Il s’accompagne notamment de la libération de substances impliquées dans la sensation de plaisir et d’apaisement. Ce moment de mieux-être peut être vécu comme indispensable pour tenir au quotidien. Cependant, cet effet s’estompe rapidement, laissant place à une nouvelle montée de tension.

Pour retrouver ce soulagement, la personne est souvent amenée à augmenter la fréquence, la durée ou l’intensité des entraînements. L’activité sportive s’impose alors comme une nécessité psychique, et non plus comme une pratique modulable en fonction des besoins du corps ou des contraintes de la vie.

Pourquoi le sport peut-il devenir addictif chez certaines personnes ?

Les mécanismes à l’œuvre dans la bigorexie présentent des similitudes avec ceux observés dans d’autres addictions comportementales. Plusieurs travaux scientifiques se sont penchés spécifiquement sur l’addiction à l’exercice physique. Les recherches menées par les psychologues Heather A. Hausenblas et Danielle Symons Downs, à l’origine de l’Exercise Dependence Scale, montrent que la pratique sportive peut prendre une dimension addictive lorsqu’elle devient le principal moyen de régulation émotionnelle.

Ces travaux mettent en évidence des critères caractéristiques tels que la perte de contrôle, la tolérance, l’augmentation progressive de l’activité et l’apparition de symptômes de manque en cas d’interruption. Ces éléments permettent de distinguer une pratique intensive mais maîtrisée d’un comportement qui s’inscrit dans une logique addictive.

Dans le cas du sport, la valorisation sociale du dépassement de soi, de la performance et de l’endurance peut masquer longtemps la dimension problématique du comportement. L’entourage, et parfois la personne elle-même, peut tarder à percevoir que la pratique ne relève plus du plaisir ou de la santé, mais d’une contrainte psychique.

Bigorexie, performance sportive et image de soi

La bigorexie est fréquemment associée à une quête intense de performance ou à une préoccupation excessive pour l’apparence physique. Le corps devient un enjeu central, parfois vécu comme jamais suffisamment entraîné, jamais assez fort ou jamais assez endurant.

Cette insatisfaction persistante alimente la répétition des séances d’entraînement. Elle renforce l’idée qu’il faut toujours en faire plus pour atteindre un idéal qui reste hors d’atteinte. Le sport, initialement source de valorisation et de reconnaissance, se transforme progressivement en exigence permanente.

Ce rapport exigeant au corps peut s’accompagner d’une rigidité croissante. Les temps de repos sont perçus comme des échecs, les contraintes extérieures comme des obstacles, et toute diminution de l’entraînement comme une menace pour l’équilibre personnel.

Bigorexie : quels signaux doivent alerter ?

La bigorexie se manifeste par plusieurs signaux caractéristiques. L’impossibilité de réduire ou d’interrompre l’entraînement, la poursuite de l’activité malgré des douleurs, des blessures ou un épuisement marqué en font partie. Le sport tend à devenir prioritaire, au détriment des relations sociales, familiales ou professionnelles.

Un mal-être prononcé lors des périodes de repos, une irritabilité inhabituelle ou une anxiété intense lorsque l’entraînement est empêché constituent également des indicateurs importants. L’augmentation constante du volume ou de l’intensité des séances, sans prise en compte des limites physiques, peut aussi signaler un rapport devenu contraignant au sport.

Quand la pratique sportive devient-elle source de souffrance ?

Avec le temps, la bigorexie peut entraîner des conséquences multiples. Sur le plan physique, les blessures à répétition, l’épuisement chronique ou les troubles hormonaux ne sont pas rares. Sur le plan psychique, la pression permanente et la peur de ne pas s’entraîner peuvent générer une anxiété durable.

Les répercussions relationnelles sont également fréquentes. Le sport occupe une place si centrale qu’il peut isoler la personne de son entourage. Les relations sont parfois mises à distance, les engagements annulés, et la vie sociale réduite au strict minimum.

La personne peut se sentir enfermée dans un rythme qu’elle ne parvient plus à moduler, même lorsqu’elle perçoit clairement les effets négatifs de cette pratique sur sa santé et sa qualité de vie.

Bigorexie : comment reconnaître le passage à l’addiction ?

Définir la bigorexie ne revient pas à remettre en cause les bienfaits du sport ni à stigmatiser l’engagement physique. Il s’agit plutôt de reconnaître qu’une pratique pourtant valorisée peut devenir problématique lorsqu’elle répond à une logique de dépendance.

Identifier ce passage repose sur l’observation de la perte de liberté, de la rigidité du comportement et de la place centrale occupée par le sport dans la vie psychique. La bigorexie s’inscrit parmi les addictions comportementales, au même titre que d’autres conduites répétitives utilisées pour apaiser une tension intérieure.

L’équipe de rédaction de Mon-Psychotherapeute.Com regroupe des professionnels passionnés et expérimentés dans le domaine de la psychologie, de la psychothérapie et du développement personnel. Nos rédacteurs sont dédiés à fournir des articles informatifs et des ressources précieuses pour vous accompagner dans votre parcours émotionnel et mental.

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Avez-vous déjà rencontré des cas de bigorexie dans votre entourage ?

Pensez-vous que cette dépendance au sport est souvent sous-estimée dans la société actuelle ? Nous serions ravis d’entendre vos expériences et opinions à ce sujet.

Cette publication a un commentaire

  1. H-D

    Merci d’avoir mis en ligne ce nouveau post. L’info me sera très utile.

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