Les effets du deuil non résolu chez l’enfant

Les effets du deuil non résolu chez l’enfant
Les effets du deuil non résolu chez l’enfant

Chez l’enfant, le deuil ne suit pas les mêmes codes que chez l’adulte. La disparition d’un parent, d’un grand-parent, d’un frère, d’une sœur ou d’une figure d’attachement bouleverse un équilibre encore en construction. Lorsque cette perte ne peut pas être exprimée, comprise ou intégrée, elle peut s’inscrire durablement dans le développement émotionnel et psychique de l’enfant. On parle alors de deuil non résolu.

Ce type de deuil ne se manifeste pas toujours par une tristesse visible. Il peut rester silencieux, diffus, parfois masqué derrière des comportements qui semblent éloignés de l’événement initial. C’est précisément ce qui le rend difficile à repérer.

Comment les enfants comprennent-ils la mort selon leur âge ?

La manière dont un enfant vit une perte dépend étroitement de son stade de développement. Avant six ans environ, la mort est souvent perçue comme temporaire ou réversible. L’enfant peut attendre le retour de la personne disparue, sans saisir la notion d’irréversibilité. À cet âge, le deuil se vit par vagues, alternant moments de tristesse et phases de jeu apparemment insouciantes.

À partir de l’âge scolaire, l’enfant commence à comprendre le caractère définitif de la mort. Cette prise de conscience peut s’accompagner d’angoisses nouvelles, notamment autour de la séparation, de la maladie ou de la sécurité des proches. Chez l’adolescent, le deuil peut entrer en résonance avec des questionnements identitaires plus profonds, parfois vécus de manière intense mais peu verbalisée.

Lorsque ces étapes de compréhension ne peuvent pas s’élaborer dans un cadre sécurisant, le deuil peut rester figé.

Pourquoi un deuil peut-il rester bloqué chez un enfant ?

Plusieurs facteurs peuvent entraver le processus de deuil chez l’enfant. Le silence autour de la mort, souvent motivé par la volonté de protéger, peut empêcher l’enfant de mettre des mots sur ce qu’il ressent. Les non-dits, les explications floues ou contradictoires alimentent alors l’imaginaire et l’angoisse.

Le contexte émotionnel des adultes joue également un rôle majeur. Un parent lui-même submergé par la perte peut avoir du mal à accueillir les émotions de l’enfant. Celui-ci peut alors intérioriser sa peine pour ne pas ajouter de souffrance à celle de son entourage.

Enfin, certaines pertes surviennent dans des conditions particulièrement déstabilisantes, comme un décès brutal, un suicide ou une séparation conflictuelle. Dans ces situations, l’enfant peut associer la perte à un sentiment d’insécurité durable.

Quels sont les signes possibles d’un deuil non résolu chez l’enfant ?

Un deuil non résolu ne se traduit pas nécessairement par des pleurs ou une tristesse permanente. Chez l’enfant, il s’exprime souvent de manière indirecte. Des troubles du comportement peuvent apparaître, comme une agressivité inhabituelle, un repli sur soi ou une agitation excessive.

Sur le plan émotionnel, certains enfants développent une anxiété persistante, une peur accrue de l’abandon ou une hypersensibilité aux séparations. D’autres peuvent présenter des difficultés à identifier ou exprimer leurs émotions, donnant l’impression d’un détachement affectif.

Le deuil non résolu peut également avoir des répercussions scolaires, avec une baisse de la concentration, un désintérêt pour les apprentissages ou des troubles de la mémoire. Ces manifestations ne sont pas toujours immédiatement reliées à la perte vécue, surtout lorsque celle-ci est ancienne.

Quel impact un deuil non résolu peut-il avoir sur le développement affectif ?

Lorsqu’un deuil reste en suspens, il peut influencer la manière dont l’enfant construit ses liens. Certains développent une dépendance affective marquée, cherchant à tout prix à éviter une nouvelle perte. D’autres adoptent au contraire une posture de retrait, limitant leur investissement émotionnel pour se protéger.

Ces stratégies, mises en place très tôt, peuvent se prolonger à l’adolescence et à l’âge adulte. Elles influencent la confiance en soi, la capacité à s’attacher et la manière de gérer les séparations ou les conflits.

Des travaux en psychologie du développement montrent que les expériences de perte mal intégrées peuvent fragiliser le sentiment de sécurité intérieure, sans pour autant conduire systématiquement à des troubles psychiques. L’impact dépend de nombreux facteurs, notamment du soutien reçu et de la possibilité de symboliser la perte.

Quels signes doivent alerter les parents et les proches ?

Il n’existe pas de délai précis au-delà duquel un deuil devient problématique. En revanche, certains signaux méritent une attention particulière. Une souffrance qui persiste sans évolution, des symptômes qui s’intensifient avec le temps ou un enfant qui semble figé dans une émotion unique peuvent indiquer une difficulté à avancer dans le processus de deuil.

Les troubles somatiques répétés, comme des maux de ventre ou des maux de tête sans cause médicale identifiable, peuvent également être une expression indirecte de la perte. De même, des régressions marquées ou durables peuvent traduire un besoin de sécurité non satisfait.

Pourquoi la parole et l’accompagnement sont-ils essentiels dans le deuil ?

Permettre à un enfant de traverser un deuil implique avant tout de reconnaître sa capacité à ressentir et à comprendre, à son rythme. Mettre des mots simples et justes sur la perte, autoriser les questions et accueillir les émotions sans les minimiser constituent des bases essentielles.

Lorsque le deuil semble entravé, un accompagnement psychologique peut offrir un espace sécurisé pour exprimer ce qui n’a pas pu l’être jusque-là. Le travail thérapeutique aide l’enfant à donner du sens à l’événement, à différencier ce qui relève de sa responsabilité de ce qui ne lui appartient pas, et à réinscrire la perte dans son histoire sans qu’elle définisse toute son identité.

Comment aider un enfant à avancer lorsque le deuil reste douloureux ?

Le deuil non résolu chez l’enfant ne se manifeste pas toujours de façon spectaculaire. Il s’inscrit souvent dans la durée, à travers des signes discrets mais persistants. Mieux le comprendre permet aux adultes de repérer ces signaux et d’offrir un soutien adapté.

Reconnaître la réalité de la perte, ouvrir des espaces de parole et accepter que le deuil de l’enfant ne ressemble pas à celui des adultes sont des leviers essentiels pour l’aider à se reconstruire et à poursuivre son développement de manière plus sereine.


L’équipe de rédaction de Mon-Psychotherapeute.Com regroupe des professionnels passionnés et expérimentés dans le domaine de la psychologie, de la psychothérapie et du développement personnel. Nos rédacteurs sont dédiés à fournir des articles informatifs et des ressources précieuses pour vous accompagner dans votre parcours émotionnel et mental.

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Comment savoir si un enfant a vraiment fait son deuil ou s’il porte encore une souffrance silencieuse liée à la perte ?

Comprendre les signes d’un deuil non résolu permet de mieux accompagner l’enfant, de repérer ce qui relève d’un processus normal et ce qui nécessite une attention particulière, afin de lui offrir un cadre sécurisant pour avancer.

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