Quels sont les principaux courants en psychologie et leurs différences ?

Quels sont les principaux courants en psychologie et leurs différences ?

La psychologie ne regarde pas toujours l’être humain depuis le même point d’observation. Face à une peur persistante, une difficulté relationnelle ou un comportement qui se répète, deux psychologues peuvent s’intéresser à des mécanismes différents sans nécessairement parler de phénomènes incompatibles. L’un cherchera ce qui a été appris, un autre la manière dont la situation est interprétée, tandis qu’un troisième observera les relations dans lesquelles le comportement apparaît.

C’est précisément ce qui distingue les principaux courants en psychologie. Ils ne se résument pas à des techniques différentes. Chacun privilégie certaines questions, certains niveaux d’analyse et une certaine manière d’expliquer le fonctionnement humain.

Les comparer permet de mieux se repérer sans transformer chaque courant en portrait isolé. L’évolution des grands courants de la psychologie montre d’ailleurs comment ces différents regards ont progressivement élargi les questions posées par la discipline.

Courant psychologique et type de psychothérapie ne désignent pas la même chose

Une première distinction évite beaucoup de confusion. Un courant psychologique est une manière théorique d’étudier ou d’expliquer certains aspects du fonctionnement humain. Une psychothérapie est une pratique clinique destinée à accompagner une personne. Les deux peuvent être liés, mais ils ne se confondent pas.

Le behaviorisme, par exemple, a profondément marqué l’étude de l’apprentissage et du comportement observable. Les thérapies comportementales en sont en partie héritières, puis elles se sont rapprochées des modèles cognitifs. Les thérapies cognitivo-comportementales constituent aujourd’hui une pratique thérapeutique structurée, alors que la psychologie cognitive est un champ beaucoup plus large consacré notamment à la mémoire, à l’attention, à la perception ou au raisonnement.

La même prudence s’impose avec la psychanalyse et l’approche psychodynamique. Elles partagent une attention portée aux processus inconscients et à l’histoire psychique, mais la psychodynamique contemporaine ne se réduit pas à la psychanalyse classique.

Distinguer écoles de pensée, domaines scientifiques et méthodes thérapeutiques donne déjà une lecture beaucoup plus claire du paysage psychologique. Sans cette distinction, des notions qui ne se situent pas au même niveau finissent facilement par être placées dans une seule et même liste.

Les principaux courants en psychologie ne posent pas la même question

Le courant psychodynamique accorde une place importante à l’histoire personnelle, aux conflits internes et à certains processus qui échappent à la conscience. Sa question centrale pourrait se formuler ainsi. Qu’est-ce qui, dans l’histoire psychique de la personne, continue d’influencer sa manière actuelle de ressentir ou d’agir ?

Le behaviorisme déplace le regard vers l’apprentissage. Il s’intéresse davantage aux liens entre environnement, conséquences et comportements observables. La question devient alors différente. Comment cette conduite a-t-elle été apprise, renforcée ou maintenue au fil des expériences ?

La psychologie cognitive s’intéresse aux opérations mentales qui participent à la perception d’une situation. Elle étudie notamment l’attention, la mémoire, le raisonnement et le traitement de l’information. Elle repose donc sur une interrogation particulière. Comment la personne traite-t-elle l’information qui oriente ensuite sa réponse ?

L’approche humaniste privilégie davantage l’expérience vécue, la subjectivité et les possibilités d’évolution de la personne. Elle ne part donc ni du comportement observable ni d’un mécanisme cognitif particulier. Son regard porte sur la façon dont l’individu vit sa situation et sur les ressources qu’il peut mobiliser.

Enfin, l’approche systémique change encore d’échelle. Elle observe une personne dans les relations et les systèmes auxquels elle appartient. Une conduite peut alors être examinée en fonction des échanges familiaux, conjugaux, sociaux ou professionnels dans lesquels elle prend place.

Un même comportement peut recevoir plusieurs lectures psychologiques

Prenons une personne qui évite régulièrement de prendre la parole devant un groupe. Le comportement est identique, mais la question posée varie selon la grille choisie. Une lecture psychodynamique pourrait explorer la signification personnelle de cette exposition au regard des autres et la manière dont elle résonne avec l’histoire relationnelle.

Une lecture comportementale examinerait plutôt les expériences ayant associé la prise de parole à une conséquence désagréable et les effets de l’évitement. Si se taire réduit immédiatement l’inconfort, ce soulagement peut participer au maintien du comportement. Le modèle cognitif s’intéresserait davantage aux informations sélectionnées et aux interprétations qui accompagnent la situation, par exemple l’anticipation d’un jugement négatif.

Le regard humaniste porterait davantage sur l’expérience vécue par la personne, sur la place qu’elle s’autorise à prendre et sur ce qui lui permettrait de se sentir plus cohérente avec elle-même. L’approche systémique observerait aussi le contexte relationnel. La personne reste-t-elle silencieuse dans tous les groupes ou seulement dans certaines configurations où les rôles et les réactions des autres influencent sa position ?

Cet exemple montre pourquoi réduire les courants à une suite de définitions apporte finalement peu d’informations sur leurs différences. Leur singularité apparaît surtout dans ce qu’ils choisissent d’observer et dans la question qu’ils posent face à une même conduite.

Les différences entre courants ne créent plus toujours des frontières étanches

Les grandes écoles de psychologie ont parfois été présentées comme des camps rivaux. La pratique et les sciences psychologiques contemporaines sont souvent moins rigides. Un même phénomène peut être étudié à plusieurs niveaux sans que cela oblige à considérer toutes les explications comme équivalentes.

Cette évolution explique aussi la présence de démarches qui articulent plusieurs cadres. L’approche intégrative en psychothérapie en est un exemple clinique, mais elle ne signifie pas que toutes les théories peuvent être mélangées sans cohérence. Chaque modèle conserve ses concepts, ses hypothèses et ses limites.

Les neurosciences apportent également des données sur le fonctionnement cérébral, mais elles ne constituent pas simplement une école thérapeutique supplémentaire. De la même manière, la psychologie cognitive, sociale, développementale ou clinique peut désigner un domaine d’étude plutôt qu’une orientation thérapeutique. Les distinguer évite de placer dans une même catégorie des approches qui n’ont ni le même objet ni la même fonction.

La meilleure façon de se repérer reste donc de demander ce que chaque courant cherche principalement à expliquer. Le comportement appris, les processus mentaux, l’histoire psychique, l’expérience subjective et les relations constituent des portes d’entrée différentes vers le fonctionnement humain. C’est précisément dans ces différences que les principaux courants en psychologie deviennent réellement compréhensibles.

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