Dépression infantile et troubles du sommeil

Dépression infantile et troubles du sommeil

Le sommeil peut changer nettement pendant une dépression infantile. Un enfant qui s’endormait facilement peut commencer à rester éveillé plus longtemps, se réveiller davantage pendant la nuit ou connaître des nuits plus courtes. Chez d’autres, le changement prend une direction opposée avec des périodes de sommeil plus longues qu’auparavant.

Ces perturbations du sommeil ne suivent pas un modèle unique. L’insomnie apparaît comme la forme la plus fréquente chez les enfants dépressifs, mais l’hypersomnie existe également. Chez certains, les deux profils peuvent même se retrouver au cours du même épisode dépressif.

Les troubles du sommeil sont fréquents pendant une dépression infantile

Une étude publiée en 2007 par Xianchen Liu et ses collègues a examiné le sommeil de 553 enfants et jeunes adolescents présentant un épisode dépressif majeur. Les participants avaient entre 7,3 et 14,9 ans et étaient suivis dans plusieurs structures spécialisées de santé mentale.

Dans cet échantillon clinique, 72,7 % présentaient au moins une perturbation du sommeil. Cette proportion concerne une population suivie en psychiatrie et ne peut donc pas être appliquée automatiquement à tous les enfants souffrant de dépression. Elle montre néanmoins que les changements de sommeil peuvent occuper une place importante pendant un épisode dépressif.

Les formes observées étaient différentes selon les jeunes. Certains rencontraient principalement des difficultés à dormir, d’autres dormaient davantage et une partie présentait les deux types de modification.

Le changement par rapport au sommeil habituel de l’enfant apporte alors une information importante. Un enfant qui s’endormait régulièrement peut commencer à rester éveillé beaucoup plus longtemps. Un autre, dont les nuits étaient stables, peut progressivement dormir davantage qu’auparavant.

Les troubles du sommeil pendant la dépression infantile correspondent ainsi à une modification du fonctionnement nocturne habituel plutôt qu’à un profil identique chez tous les enfants.

L’insomnie est fréquente chez les enfants dépressifs

Dans l’étude de Liu et de ses collègues, 53,5 % des jeunes présentaient une insomnie sans hypersomnie associée. Il s’agissait du profil de sommeil le plus fréquemment observé parmi les participants dépressifs.

L’insomnie peut apparaître sous différentes formes. L’endormissement prend davantage de temps, l’enfant se réveille au cours de la nuit ou éprouve plus de difficulté à retrouver le sommeil après un réveil.

Chez un enfant dépressif, ces changements peuvent être particulièrement visibles lorsqu’ils rompent avec des nuits auparavant régulières. Le coucher devient plus long ou le sommeil se fragmente alors que ces difficultés n’étaient pas habituelles.

Certaines nuits peuvent rester relativement proches du rythme antérieur tandis que d’autres deviennent beaucoup plus perturbées. Cette variabilité n’empêche pas l’insomnie de s’installer comme une modification récurrente pendant l’épisode dépressif.

Dans l’échantillon étudié, les jeunes dépressifs présentant des troubles du sommeil avaient également des symptômes dépressifs globalement plus importants que ceux dont le sommeil restait préservé. Cette association ne signifie pas que l’insomnie provoque une dépression plus sévère. Elle montre que les perturbations nocturnes peuvent accompagner des épisodes plus marqués.

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L’hypersomnie peut aussi modifier le sommeil pendant une dépression infantile

La dépression infantile peut également s’accompagner d’une augmentation du temps de sommeil. Dans l’étude de Liu, 9 % des jeunes présentaient une hypersomnie sans insomnie associée.

Chez certains enfants, ce changement se traduit par des périodes de sommeil plus longues qu’auparavant ou par un besoin inhabituel de dormir davantage. Le nombre d’heures ne suffit toutefois pas à caractériser cette évolution, puisque les besoins de sommeil varient naturellement avec l’âge.

L’important reste surtout la différence avec le rythme habituel. Un enfant dont les nuits étaient régulières peut commencer à prolonger nettement son sommeil pendant l’épisode dépressif.

L’étude montre aussi que 10,1 % des jeunes associaient insomnie et hypersomnie. Le sommeil peut donc évoluer dans plusieurs directions au cours d’une même dépression. Une période marquée par des difficultés d’endormissement peut être suivie par d’autres moments où l’enfant dort davantage.

Les jeunes présentant ce profil mixte avaient, dans l’échantillon étudié, une histoire dépressive plus longue et des symptômes globalement plus importants que ceux qui présentaient seulement l’une des deux perturbations du sommeil. Cette observation décrit une association clinique sans permettre d’établir un lien de causalité.

La dépression infantile peut donc modifier le sommeil de plusieurs manières. L’insomnie reste le profil le plus fréquent, l’hypersomnie concerne une proportion plus réduite d’enfants et certains connaissent les deux formes au cours du même épisode. Ces différences montrent que les troubles du sommeil associés à la dépression infantile se définissent surtout par une modification nette du rythme nocturne habituel de l’enfant.

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