Mon soutien psy en 2025, ce que les évolutions du dispositif ont réellement changé
L’accès à un psychologue remboursé a longtemps été associé à un parcours assez contraignant. Prescription médicale préalable, nombre limité de séances et rémunération jugée insuffisante par une partie des psychologues ont notamment alimenté les critiques lors des premières années du dispositif Mon soutien psy.
En 2025, le dispositif apparaît sous un visage différent. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les principales modifications n’ont pas commencé le 1er janvier 2025. Elles sont entrées en vigueur dès le 15 juin 2024. L’accès direct à un psychologue conventionné, l’augmentation du nombre de séances et le nouveau tarif étaient donc déjà applicables lorsque l’année 2025 a débuté.
L’année 2025 marque surtout une autre étape. Le dispositif bénéficie d’une communication nationale plus importante, accueille davantage de psychologues partenaires et fait l’objet d’une évaluation officielle après ses premières années de fonctionnement.
L’accès direct au psychologue a profondément simplifié le parcours
L’une des évolutions les plus visibles concerne la possibilité de prendre rendez-vous directement avec un psychologue partenaire. Au lancement du dispositif, le parcours reposait davantage sur l’orientation médicale préalable. Cette organisation avait été régulièrement critiquée parce qu’elle ajoutait une étape avant la consultation psychologique.
Depuis le 15 juin 2024, une personne peut contacter directement un psychologue conventionné participant à Mon soutien psy. Le passage préalable par le médecin traitant n’est donc plus obligatoire pour ouvrir le droit au remboursement. Un professionnel de santé peut toujours conseiller ou orienter vers un psychologue lorsque cela paraît pertinent, mais cette orientation n’est plus la seule porte d’entrée.
Cette évolution a une conséquence très concrète. Une personne qui identifie un psychologue partenaire disponible peut désormais engager elle-même la démarche. Le dispositif devient ainsi plus proche d’une consultation psychologique classique, tout en conservant un cadre défini par l’Assurance Maladie.
Le changement ne signifie pas pour autant que le médecin disparaît du parcours de santé mentale. Ameli indique qu’une coordination avec le médecin traitant ou le psychiatre peut rester souhaitable selon la situation, notamment lorsque d’autres soins sont nécessaires. L’accès simplifié ne transforme donc pas Mon soutien psy en dispositif adapté à toutes les formes de souffrance psychique.
Douze séances et un tarif unique ont remplacé l’ancien fonctionnement
La deuxième transformation concerne le nombre de consultations. Le dispositif initial prévoyait huit séances prises en charge. Il permet désormais d’aller jusqu’à douze séances par année civile et par personne.
Le parcours comprend une première séance d’évaluation et jusqu’à onze séances de suivi. Chaque consultation est facturée 50 euros. Les dépassements d’honoraires ne sont pas autorisés dans le cadre conventionné.
Cette évolution est importante car les premières critiques du programme avaient notamment porté sur le nombre de rendez-vous disponibles et sur la rémunération proposée aux psychologues.
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L’augmentation à douze séances ne signifie cependant pas que douze rendez-vous sont systématiquement nécessaires. Le nombre de consultations dépend de la situation et de l’évolution de la personne accompagnée. Mon soutien psy reste destiné en priorité aux souffrances psychiques d’intensité légère à modérée et ne remplace pas une prise en charge psychiatrique ou spécialisée lorsque celle-ci est nécessaire.
L’année 2025 a surtout montré une montée en puissance du dispositif
Les données publiées en 2025 permettent de mesurer l’effet des changements engagés l’année précédente. Au 28 février 2025, le ministère de la Santé recensait 5 217 psychologues conventionnés, 586 858 patients ayant bénéficié du dispositif depuis sa création et environ 3,1 millions de séances réalisées.
L’Assurance Maladie a également observé une accélération des conventionnements après les modifications de juin 2024. Le nombre de psychologues partenaires dépassait 4 500 à la fin de l’année 2024, contre 2 150 en 2023. L’accès direct, l’augmentation du tarif et le passage à douze séances semblent donc avoir accompagné une extension réelle de l’offre disponible.
Cette progression ne suffit pas à conclure que toutes les difficultés d’accès ont disparu. La présence d’un plus grand nombre de professionnels dans le dispositif ne garantit pas la même disponibilité dans chaque territoire, ni la possibilité de trouver immédiatement un psychologue correspondant à ses besoins.
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L’évaluation de 2025 permet de distinguer les ambitions des résultats
En avril 2025, le ministère de la Santé a rendu publique une évaluation du dispositif prévue depuis sa création. Cette démarche devait notamment analyser son fonctionnement et identifier les pistes permettant de poursuivre son évolution. Le ministère précise que l’évaluation avait débuté avant les réformes de 2024, mais que le rapport a tenu compte de la suppression de l’adressage obligatoire, de l’augmentation du nombre de séances et de la modification de leur tarif.
Cette chronologie est importante. Présenter 2025 comme l’année où Mon soutien psy aurait soudainement supprimé la prescription médicale ou créé les douze séances serait inexact. 2025 correspond davantage à l’année où les nouvelles règles ont commencé à produire des effets observables à plus grande échelle.
Le dispositif reste néanmoins très encadré. Il s’adresse à des personnes dès l’âge de trois ans rencontrant un mal-être ou une souffrance psychique légère à modérée. Certaines situations nécessitent un autre niveau d’accompagnement, notamment lorsque les symptômes sont sévères ou qu’une prise en charge psychiatrique devient nécessaire.
Cette limite doit rester claire. Faciliter l’entrée dans le soin psychologique ne signifie pas proposer une réponse unique à toutes les difficultés de santé mentale. Mon soutien psy constitue une porte d’entrée parmi plusieurs possibilités de prise en charge.
Mon soutien psy est devenu plus accessible sans devenir un parcours universel
Les changements associés à la période 2024-2025 ont profondément modifié l’image du dispositif. Il n’est plus nécessaire de disposer systématiquement d’un courrier médical avant de prendre rendez-vous, douze séances peuvent désormais être proposées sur une année et la consultation est facturée selon un tarif conventionné unique de 50 euros.
L’année 2025 a surtout permis de constater une augmentation du nombre de bénéficiaires et de professionnels partenaires, accompagnée d’une campagne nationale destinée à mieux faire connaître Mon soutien psy. Cette évolution répond en partie aux difficultés rencontrées lors des premières années, sans effacer toutes les questions liées à la disponibilité des psychologues ou aux besoins nécessitant un suivi plus spécialisé.
L’intérêt de Mon soutien psy se situe donc moins dans la promesse d’un accès universel à toute forme de psychothérapie que dans la création d’une porte d’entrée identifiable vers un accompagnement psychologique conventionné.
