L’activité physique en groupe peut-elle aider en cas de dépression ?

L’activité physique en groupe peut-elle aider en cas de dépression ?

Pratiquer une activité physique avec d’autres personnes peut modifier l’expérience du mouvement pendant une dépression. Une marche collective, un cours encadré ou une séance sportive partagée ne reposent pas uniquement sur l’effort physique. Ils placent aussi la personne dans un environnement où elle avance au même moment que d’autres, suit un rythme commun et participe à une activité qui ne demande pas nécessairement de parler de son état psychologique.

Cette dimension collective intéresse particulièrement les chercheurs car les bénéfices de l’exercice pourraient dépendre en partie du contexte dans lequel il est pratiqué. Le mouvement partagé peut notamment créer un sentiment d’appartenance et limiter la solitude, deux éléments qui peuvent compter dans le vécu dépressif.

L’activité physique en groupe apporte une dimension sociale pendant la dépression

Dans une séance collective, la présence des autres fait partie de l’environnement immédiat de l’exercice. Une personne marche avec plusieurs participants, suit les mêmes consignes ou réalise une activité dans un espace où chacun est engagé dans le mouvement.

Cette présence peut rendre l’activité moins solitaire sans exiger une relation intime. Une personne dépressive peut participer à une séance sans raconter ce qu’elle traverse ni chercher activement une conversation. Le lien se construit d’abord autour d’une action commune.

Une publication de Mark Stevens et ses collègues parue en 2021 dans Social Science & Medicine s’est précisément intéressée à cette dimension. Les chercheurs ont étudié l’appartenance à des groupes de sport ou d’exercice et son association avec les symptômes dépressifs. Leur travail suggère que le bénéfice potentiel du collectif pourrait passer à la fois par une activité physique plus fréquente et par un sentiment de solitude moins important.

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Bouger en groupe peut réduire la solitude associée à la dépression

Le premier volet du travail de Stevens et de son équipe portait sur 4 549 adultes âgés vivant en Angleterre. Les chercheurs ont suivi leur appartenance à des groupes de sport ou d’exercice, leur niveau d’activité physique, leur sentiment de solitude et leurs symptômes dépressifs au cours de plusieurs années.

L’appartenance à un groupe sportif ou d’exercice était associée à moins de symptômes dépressifs par la suite. Une partie de cette relation passait par une fréquence d’activité physique plus élevée, mais également par une diminution de la solitude.

Le résultat suggère que bouger avec d’autres ne revient pas simplement à effectuer le même exercice entouré de personnes. Le contexte collectif peut créer une expérience sociale supplémentaire. Voir régulièrement les mêmes participants, accomplir un effort au même endroit ou partager le déroulement d’une séance peut donner une forme concrète au sentiment d’appartenir temporairement à un ensemble.

Cette appartenance reste liée à l’activité elle-même. La relation peut exister sans confidence et sans que la dépression devienne le sujet de la rencontre.

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Le sentiment d’appartenance pendant l’activité physique peut compter dans la dépression

Le second volet de la publication de Stevens apporte un autre éclairage. Les chercheurs ont interrogé 635 adultes australiens qui appartenaient à des groupes de sport ou d’exercice au moment où les restrictions liées au Covid-19 les avaient privés de l’accès physique à ces groupes.

Plus les participants avaient perdu l’accès à leurs groupes habituels, plus leurs symptômes dépressifs étaient élevés. Dans cette analyse, le lien passait principalement par une solitude accrue et non par une diminution globale de l’activité physique.

Le contexte des restrictions sanitaires était exceptionnel et invite à interpréter ces résultats avec prudence. Il montre néanmoins que le groupe peut représenter davantage qu’un moyen pratique de faire du sport. La disparition du cadre collectif semble avoir affecté certains participants même lorsque la quantité totale d’activité physique n’expliquait pas à elle seule la différence observée.

Le sentiment d’appartenance créé autour d’un mouvement partagé pourrait donc constituer l’une des dimensions particulières de l’activité physique en groupe.

La dynamique du groupe peut soutenir la participation à l’activité physique

Participer à une activité avec d’autres fournit également des repères pendant la séance. Le début et la fin sont communs, une consigne peut guider le mouvement et la progression se déroule dans un environnement déjà organisé.

Pour une personne dépressive, cette organisation collective peut réduire la part d’initiative nécessaire une fois la séance commencée. Il suffit parfois de suivre un parcours avec les autres, d’accompagner le rythme d’un cours ou de reproduire un mouvement proposé.

Le travail de Stevens montre que les membres de groupes de sport ou d’exercice avaient également tendance à être plus actifs physiquement. Les chercheurs considèrent cette fréquence d’activité comme l’un des chemins possibles reliant appartenance au groupe et symptômes dépressifs moins importants dans leur premier échantillon.

Cette association ne permet pas de conclure que la présence des autres produit automatiquement davantage d’activité. Elle indique plutôt que le contexte collectif et le mouvement peuvent agir conjointement dans l’expérience de la pratique.

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L’effet de l’activité physique en groupe sur la dépression reste à préciser

Les résultats publiés par Stevens et ses collègues ne constituent pas un essai thérapeutique comparant directement, chez des personnes atteintes de dépression, le même programme réalisé seul ou en groupe. Le premier volet repose sur un suivi de population et le second sur une situation particulière liée aux restrictions sanitaires.

Il serait donc excessif d’attribuer au groupe un effet antidépresseur autonome. Les résultats permettent surtout d’identifier une dimension sociale de l’activité physique qui mérite d’être prise en compte.

Ils suggèrent que l’exercice partagé peut associer deux expériences dans un même moment. La personne met son corps en mouvement tout en retrouvant une présence parmi d’autres. Pour certaines personnes confrontées à la dépression, cette combinaison peut rendre l’activité différente d’une pratique entièrement solitaire.

Le principal intérêt du collectif se situe alors dans ce croisement entre mouvement et appartenance. Une séance peut offrir un espace où l’on participe, suit un rythme commun et retrouve une forme de présence sociale sans que la relation avec les autres devienne l’objectif exclusif de l’activité.

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