Un dîner qui se prolonge, des verres régulièrement remplis, un apéritif suivi de vin puis d’une coupe de champagne. Dans une soirée festive, il devient facilement difficile de savoir combien d’alcool a réellement été consommé. Le rythme du groupe, la durée de l’événement et la taille des verres brouillent rapidement les repères.
Réduire les risques ne consiste pas à transformer la fête en exercice de comptabilité. Quelques décisions prises avant et pendant la soirée permettent cependant d’éviter que les consommations s’enchaînent presque automatiquement.
L’expression consommation responsable ne signifie d’ailleurs pas qu’une certaine quantité d’alcool serait totalement sans danger. Santé publique France rappelle qu’il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque. L’objectif consiste donc à réduire l’exposition et les situations dangereuses lorsque l’on choisit de boire.
Comment préparer une soirée pour mieux limiter sa consommation d’alcool ?
Les décisions les plus utiles sont parfois celles prises avant le premier verre. Arriver à une fête en ayant déjà réfléchi à sa consommation permet de ne pas laisser entièrement le rythme de la soirée décider à sa place. Une limite choisie à l’avance est généralement plus simple à suivre qu’une décision improvisée après plusieurs consommations.
Manger avant de commencer à boire constitue également un repère important. L’alcool consommé à jeun est absorbé plus rapidement. Un repas avant la soirée ou de la nourriture consommée au cours de l’événement permet de ralentir cette absorption, même si cela ne supprime évidemment pas les effets de l’alcool.
Il peut aussi être utile d’anticiper la durée de la fête. Deux verres consommés lentement au cours d’un long repas n’ont pas la même dynamique qu’une succession rapide de boissons pendant la première heure. Se rappeler que la soirée peut durer permet de ne pas commencer au rythme le plus élevé.
Préparer son retour fait enfin partie de cette organisation. Si l’on sait que l’on va conduire, l’option la plus sûre reste de ne pas boire d’alcool. Santé publique France recommande explicitement l’absence de consommation en cas de conduite automobile.
Quels repères utiliser pour éviter de perdre le compte des verres pendant une fête ?
La taille du contenant est un mauvais indicateur. Un grand verre de vin servi généreusement à domicile peut contenir bien davantage d’alcool qu’un verre standard. Une bière forte n’est pas non plus équivalente à une bière de même volume mais beaucoup moins alcoolisée.
En France, un verre standard correspond à environ 10 grammes d’alcool pur. Santé publique France recommande, pour les adultes en bonne santé qui choisissent de consommer de l’alcool, de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, avec un maximum de 2 verres standard par jour et des jours sans alcool. Ces repères visent à diminuer les risques et non à définir une quantité totalement sûre.
Une fête ne doit donc pas être considérée comme une parenthèse pendant laquelle le nombre de verres n’aurait plus vraiment d’importance. Les consommations de la soirée s’ajoutent à celles du reste de la semaine.
Garder approximativement le compte de ce que l’on boit est d’autant plus utile que les verres peuvent être remplis avant d’être terminés. Dans ce cas, il devient très facile de sous-estimer la quantité réellement consommée.
Pourquoi alterner alcool, eau et boissons sans alcool aide-t-il à boire moins ?
L’un des moyens les plus simples de ralentir le rythme consiste à intercaler des boissons sans alcool. Eau, eau gazeuse ou autre boisson choisie permettent de conserver un verre à la main sans que chaque nouvelle consommation ajoute de l’alcool.
L’eau n’élimine toutefois pas plus rapidement l’alcool déjà absorbé et ne rend pas sobre. Son intérêt est ailleurs. L’alternance crée du temps entre deux consommations alcoolisées et peut réduire la quantité totale bue pendant la soirée.
Santé publique France recommande justement de boire lentement, de manger et d’alterner les boissons alcoolisées avec de l’eau lors des occasions de consommation.
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Commencer la soirée avec une boisson sans alcool peut également modifier le rythme général. Il n’est pas indispensable d’accepter immédiatement le premier verre proposé, pas plus qu’il n’est nécessaire de terminer rapidement son verre parce que les autres convives sont déjà passés au suivant. Dans un contexte festif, ralentir constitue souvent une stratégie beaucoup plus réaliste que vouloir reprendre le contrôle après plusieurs consommations rapprochées.
Comment savoir qu’il vaut mieux arrêter de boire pour le reste de la soirée ?
Attendre d’être fortement alcoolisé pour décider d’arrêter est un repère peu fiable. À mesure que l’alcool agit, la capacité à évaluer la situation et à prendre certaines décisions peut justement diminuer.
Une limite décidée auparavant est donc plus utile que la seule impression du moment. Une personne peut se sentir relativement bien tout en ayant déjà consommé davantage qu’elle ne l’avait prévu. Le fait de bien tolérer certains effets ressentis ne signifie pas que l’alcool n’agit plus sur l’organisme.
Une accélération du rythme constitue aussi un bon moment pour interrompre la consommation. Si les verres commencent à se succéder plus rapidement, si l’on ne sait plus précisément combien on en a bu ou si l’on accepte systématiquement chaque nouvelle proposition, passer aux boissons sans alcool permet de casser cette dynamique.
Certaines situations nécessitent davantage qu’une simple modération. Conduite, grossesse, prise de certains médicaments, certaines maladies ou activités présentant un risque sont notamment des situations dans lesquelles l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool.
Pourquoi prévoir le retour de soirée avant de commencer à boire ?
Le dernier verre n’est pas le dernier risque de la soirée. Une grande partie de la sécurité se joue au moment de rentrer. Décider du transport alors que plusieurs verres ont déjà été consommés expose à des arbitrages que l’on n’aurait peut-être pas faits en début de soirée.
Le conducteur désigné doit réellement rester sans alcool. À défaut, transports en commun, taxi, VTC ou nuit sur place permettent d’éviter de transformer quelques kilomètres de trajet en prise de risque inutile.
Cette anticipation concerne aussi les autres personnes présentes. Voir quelqu’un qui a beaucoup bu chercher ses clés de voiture mérite une réaction concrète. Proposer un autre moyen de transport ou une possibilité de dormir sur place est plus utile que de tenter d’estimer à vue d’œil si la personne semble encore capable de conduire.
Une fête réussie ne se mesure donc pas seulement à ce qui se passe autour de la table. Pouvoir rentrer sans danger fait partie de la soirée elle-même. Réduire les risques liés à l’alcool repose finalement sur des décisions assez simples, mais beaucoup plus efficaces lorsqu’elles sont prises avant que l’alcool ne commence à peser sur les choix.
