Comment savoir si je souffre d’un trouble psychologique ?

Comment savoir si je souffre d'un trouble psychologique ?

Traverser une période de tristesse, d’anxiété, de fatigue ou de découragement ne signifie pas nécessairement souffrir d’un trouble psychologique. La vie psychique varie avec les événements, les relations, le stress, la santé physique ou les difficultés rencontrées. Certaines réactions intenses peuvent rester temporaires et s’atténuer lorsque la situation évolue.

La question devient plus difficile lorsque le mal-être persiste, revient régulièrement ou commence à modifier la manière de vivre. L’Organisation mondiale de la santé caractérise notamment les troubles mentaux par des perturbations cliniquement significatives de la cognition, de la régulation émotionnelle ou du comportement, généralement associées à une détresse ou à une altération importante du fonctionnement. Cela signifie qu’un symptôme pris isolément ne suffit pas. C’est l’ensemble de la situation qui compte.

Il est donc plus pertinent d’observer la durée des difficultés, leur retentissement et les changements qu’elles produisent par rapport à son fonctionnement habituel plutôt que d’essayer de reconnaître soi-même une maladie dans une liste de symptômes.

Un symptôme isolé ne suffit pas à identifier un trouble psychologique

Une mauvaise nuit peut rendre irritable. Une période professionnelle difficile peut augmenter l’anxiété. Un deuil peut provoquer une grande tristesse et bouleverser temporairement le sommeil, l’appétit ou la concentration. Ces réactions ne sont pas automatiquement les signes d’un trouble psychologique.

La même manifestation peut d’ailleurs apparaître dans des situations très différentes. Une fatigue importante peut être associée au stress, à un manque de sommeil, à une maladie physique ou à une difficulté psychologique. Une période d’isolement peut correspondre à un besoin ponctuel de se retrouver seul comme à un mal-être plus profond.

Chercher un signe qui permettrait, à lui seul, de répondre à la question « ai-je un trouble psychologique ? » conduit donc facilement à de mauvaises conclusions.

Les manifestations émotionnelles, comportementales, cognitives ou physiques susceptibles d’accompagner un trouble sont nombreuses. Les signes de troubles mentaux doivent être considérés comme des éléments d’observation, et non comme un diagnostic.

L’enjeu est davantage de comprendre la place que ces difficultés prennent progressivement dans la vie.

La durée change la manière d’interpréter ce que l’on ressent

Le temps apporte une information importante. Une réaction psychologique apparue après une contrariété, une séparation, un conflit ou une période particulièrement exigeante peut évoluer à mesure que la personne s’adapte à la situation.

Une souffrance qui persiste suit une autre trajectoire. L’Assurance Maladie rappelle que les périodes de stress, de tristesse ou de découragement font partie des fluctuations possibles de la santé mentale et qu’elles sont le plus souvent temporaires. La situation change lorsque la souffrance psychologique devient importante et durable.

Il n’existe cependant pas une durée universelle permettant de déclarer qu’au-delà d’un certain nombre de jours une difficulté devient nécessairement un trouble psychologique. Les critères varient selon les troubles et les situations.

Il est plus pertinent d’observer l’évolution. Le mal-être diminue-t-il progressivement ou prend-il davantage de place ? Certaines périodes offrent-elles un réel répit ? Les difficultés reviennent-elles dans les mêmes circonstances ? Ce qui semblait gérable au départ devient-il progressivement plus difficile à supporter ?

La persistance mérite donc d’être considérée avec le reste de la situation, et non comme un seuil automatique.

Le retentissement sur la vie quotidienne est un indicateur essentiel

Une difficulté psychologique devient particulièrement importante à observer lorsqu’elle ne reste plus limitée aux émotions ressenties et commence à modifier le fonctionnement quotidien.

Une personne peut continuer à travailler tout en ayant besoin d’un effort considérable pour accomplir des tâches auparavant ordinaires. Une autre peut progressivement abandonner des activités qu’elle appréciait, éviter certaines situations ou rencontrer davantage de difficultés dans ses relations.

L’Assurance Maladie conseille notamment de demander de l’aide lorsque le mal-être empêche d’accomplir les tâches quotidiennes, de maintenir les liens avec l’entourage, de travailler ou de retrouver du plaisir dans la vie.

Le retentissement ne signifie pas nécessairement être incapable de fonctionner. Certaines personnes maintiennent leurs obligations pendant longtemps tout en consacrant une énergie considérable à donner l’impression que rien n’a changé.

La question utile devient alors moins « est-ce que j’arrive encore à faire les choses ? » que « à quel prix est-ce que j’arrive encore à les faire ? ».

Le travail, les études, les relations, les responsabilités familiales, le sommeil ou les activités personnelles donnent ainsi des repères concrets pour mesurer la place prise par la souffrance.

Un changement par rapport à son fonctionnement habituel mérite d’être observé

Comparer son état à celui des autres est rarement très utile. Deux personnes peuvent vivre une difficulté similaire sans la ressentir de la même manière. La comparaison la plus informative concerne souvent son propre fonctionnement.

Une personne habituellement à l’aise dans ses relations peut remarquer qu’elle évite désormais presque systématiquement les autres. Quelqu’un qui gérait relativement bien les imprévus peut découvrir que la moindre modification provoque une détresse devenue difficile à contenir. Une activité autrefois simple peut demander un effort inhabituellement important.

Ces changements ne prouvent pas qu’un trouble psychologique est présent. Ils permettent cependant de repérer une rupture avec un équilibre antérieur.

Il est également possible que l’évolution soit tellement progressive qu’elle devienne difficile à percevoir. Des adaptations se mettent alors en place sans être immédiatement identifiées comme telles. La personne renonce à certaines activités, réduit progressivement ses contacts ou organise son quotidien pour éviter ce qui lui devient difficile.

Observer cette évolution permet de sortir d’une comparaison abstraite avec ce qui serait « normal ». Le point de départ est davantage la manière dont la personne vivait, fonctionnait et faisait face aux difficultés avant que la situation ne change.

On ne peut pas poser seul un diagnostic fiable

Reconnaître que quelque chose ne va pas et identifier précisément un trouble sont deux démarches différentes. Une personne peut repérer une souffrance persistante, constater qu’elle ne fonctionne plus comme auparavant et décider d’en parler. Elle ne dispose pas pour autant de tous les éléments nécessaires pour déterminer seule s’il s’agit d’un trouble anxieux, dépressif, de l’humeur ou d’une autre difficulté.

Les différents troubles psychologiques peuvent partager certaines manifestations. Une évaluation professionnelle tient également compte du contexte, de l’histoire de la personne, de la durée des difficultés et de leur retentissement. L’OMS destine d’ailleurs les critères diagnostiques de la CIM-11 aux professionnels chargés d’identifier ces troubles dans un cadre clinique.

Les questionnaires disponibles sur Internet peuvent parfois aider à mettre des mots sur certaines difficultés, mais ils ne remplacent pas cette évaluation. Même pour la dépression, l’Assurance Maladie souligne qu’il est difficile de juger seul de son état psychologique et que le diagnostic repose sur une évaluation médicale.

Demander un avis ne signifie d’ailleurs pas nécessairement recevoir un diagnostic. Une personne peut éprouver une véritable souffrance et avoir besoin d’aide sans répondre aux critères d’un trouble précis.

En présence d’un danger immédiat, d’idées suicidaires ou d’un risque de passage à l’acte, la situation nécessite en revanche une aide urgente.

L’équipe de rédaction de Mon-Psychotherapeute.Com regroupe des professionnels passionnés et expérimentés dans le domaine de la psychologie, de la psychothérapie et du développement personnel. Nos rédacteurs sont dédiés à fournir des articles informatifs et des ressources précieuses pour vous accompagner dans votre parcours émotionnel et mental.

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La durée, le retentissement et les changements par rapport à votre fonctionnement habituel peuvent aider à mieux décrire ce que vous traversez, sans chercher à poser vous-même un diagnostic.

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